Pétanque - Loisir, Sport ou sport de loisirs ?
Voici un article écrit en 2002, publié sur le site Ciao, je l’avais intitulé : La pétanque : Loisir, Sport ou sport de loisirs ? Je l’ai relu et y ai ajouté quelques précisions et mises à jour que vous trouverez en italiques dans le texte (on était notamment à l’époque du Franc !)
Je vais essayer de vous présenter et de vous faire partager ma passion pour la pétanque : attention c’est long et détaillé, avis aux amateurs et aux… licenciés !!
LOISIR
Vous ne pouvez pas les manquer, sur les places ombragées en été ou sur les esplanades ensoleillées lorsque le temps est plus frais, ce sont les boulistes.
Il y a les retraités qui ne manqueraient pour rien au monde leur partie quotidienne où ils retrouvent leurs copains et commentent les dernières nouvelles. Savez-vous que certaines maisons de retraite organisent également des compétitions opposant leurs pensionnaires respectifs ?
Les boulistes occasionnels sont également nombreux. Parmi ceux-ci, vous trouvez les vacanciers qui fréquentent assidûment ou occasionnellement le terrain de boules du camping ou le boulodrome municipal. Les réunions de famille et entre amis sont aussi de bonnes occasions d’essayer son adresse en taquinant le cochonnet.
Tous ces joueurs ne sont évidemment pas recensés mais sont de plus en plus nombreux à pratiquer. Certains d’ailleurs se prennent tant et si bien au jeu qu’ils se décident à passer la vitesse supérieure, le loisir devient alors un sport.
SPORT
Ndlr (quatre lettres qui font très pro ! Rassurez-vous je ne me prends pas au sérieux à ce point, mais je veux que la pétanque soit prise au sérieux, alors j’emploie les grands moyens) : la partie qui suit est la plus longue. Elle est destinée soit aux néophytes qui veulent apprendre, soit aux amateurs qui seraient tentés de rejoindre la grande famille de la Pétanque (ça aussi ça fait sérieux : le grand P !). Pour les autres, ceux qui connaissent déjà, vous pouvez toujours lire pour me signaler si j’ai fait des erreurs (malgré mon grand sérieux je ne suis pas Supernénette) ou passer à la dernière partie où j’expose ma conception très personnelle de ce sport.
(ndlr 26/01/2020 : les mises à jour les plus récentes sont datées...)
La pétanque devient un sport lorsque vous décidez de devenir licencié et d’appartenir à un club. Il existe plusieurs possibilités : je ne les connais pas toutes mais je peux vous citer la Fédération Française du Sport Boule (FFSB), l’UFOLEP et la FFPJP (Fédération Française de Pétanque et Jeu Provençal) dont je vais vous parler plus en détail car c’est celle que je connais le mieux.
Pour commencer vous devez évidemment vous procurer des boules ! Mais attention maintenant vous voilà devenu un quasi-professionnel et vous devez respecter un règlement. Autrement dit, même si ce joli coffret de 6 boules bien brillantes vous fait un clin d’œil, résistez il n’est pas homologué ! Ici, tout est réglementé donc allons-y parlons règlement.
LES BOULES et ACCESSOIRES :
Les boules sont en métal (vous n’allez pas arriver avec des boules de plage). D’un diamètre compris entre 7,05 cm pour les miminettes (petites mimines) et 8 cm pour les grosses paluches ; elles pèsent entre 650 et 800 grammes et ce poids doit être gravé et lisible sur chaque boule ainsi que le nom du fabricant, vous pouvez également y faire graver votre nom ou vos initiales (nenette33 ça le fait bien !).
Si vous participez à un concours en triplette il vous en faudra 2 et pour les doublettes et tête à tête vous prendrez le jeu complet, soit 3.
Au niveau de la qualité, sachez qu’il y a des super-tendres, demi-tendres (ou molles) demi-dures et dures. Les pointeurs utilisent plutôt des dures et les tireurs des tendres. Cliquez sur mon lien « le meilleur blog de pétanque » et vous trouverez un article (et même plusieurs articles) très complets sur le sujet. (ndlr 22/01/2020 : ne figure plus dans mes blogs préférés, ce widget a été supprimé par Overblog et je n'ai pas cherché comment remettre lesdits widgets...)
Pour ma part, j’ai surtout choisi en fonction du prix, étant donné mon niveau et mes modestes ambitions. Je joue donc avec des boules qui m’ont coûté 450 francs (c’était encore à l’époque du franc, donc pas de commentaire svp !) avec la gravure et le port car j’ai mon fournisseur favori et je commande par correspondance. Les marques les plus connues sont O’But (premier en pétanque : c’est leur slogan) la Boule Noire, la Boule JB et la mienne la Boule Bleue … elle vient tout droit de… Marseille. Sur leur brochure de la saison 1999/2000, les prix s’échelonnaient entre 300 et 1 100 Frs le jeu (aujourd’hui entre 75 et 500 euros !)(ndlr 26/01/2020 : entre 115 et 250 €)
Vous ne trouverez pas beaucoup moins cher mais je sais qu’il en existe de beaucoup plus chères, celles-là sont réservées aux vrais pros ou à ceux qui sont assez prétentieux pour se considérer comme tels ou encore qui croient que c’est la boule qui fait l’homme, enfin, le joueur. Si vous êtes intéressés vous trouverez facilement les sites Internet correspondant…
Vous pouvez aussi choisir des boules lisses (les plus nombreuses) ou avec des stries * (ça c’est mon cas, ça m’évite de trop les chercher à la fin de chaque mène ** !).
* c'est à dire de fines lignes circulaires
** période entre le moment où le premier joueur lance le cochonnet et celui où la dernière boule est jouée.
Et pour en finir avec les boules : il est interdit de changer de boules en cours de partie, sauf si vous en perdez une (ça arrive) ou si on vous en cassez une (ça arrive aussi : l’intérieur est creux).
Avec les boules il vous faut bien sûr un but, nom officiel d’une mini boule, autrement appelée cochonnet, goret, petit, bibe, bouchon, etc…. En buis à l’origine, les cochonnets mesurent entre 25 et 35 mm de diamètre, ils sont peints de couleurs diverses et variées voire habilement décorés par leur propriétaire. Une nouvelle variété est apparue, bien qu’homologués ces cochonnets-là ne font pas l’unanimité. Ils sont en résine colorée dans la masse et hérissés de minuscules picots. L’avantage étant que la peinture ne s’enlève pas aux chocs ; l’inconvénient qu’ils se déplacent beaucoup plus facilement et loin sur terrain sec et qu’au contraire ils se "plantent " sur terrain mou. De plus, lors d’une projection malencontreuse sur un tir par exemple, ils sont beaucoup plus dangereux car plus durs que le bois.
Accessoirement vous pouvez vous munir d’un mètre. J’en ai toujours un petit dans la poche car vous avez des malins qui se donnent systématiquement le point !! Il est aussi conseillé d’avoir un chiffon (en principe interdiction de le mouiller, mais…) pour enlever la poussière ou au contraire pour enlever la boue et sécher la boule.
Autre accessoire important : le siège. D’accord ça ne fait pas vraiment sportif mais je vous assure que c’est utile : j’y accroche ma sacoche avec mes petits accessoires personnels (bombe à moustiques, mini-pharmacie, double-mètre, etc… D’ailleurs tout le monde connaît Nénette et sait où la trouver en cas de besoin, qui pour le mètre, qui pour un pansement ou pour un comprimé !), ma bouteille d’eau (non pas encore le Pastis, après !) dans son étui isotherme.
Dans les concours nationaux, vous remarquerez que les « grands » joueurs ont aussi leur siège. Hé oui ! Pas pour les mêmes raisons que moi je vous l’accorde. Eux, c’est pour se reposer entre les parties car celui qui va au bout d’un National peut jouer jusqu’à 8 parties, si ce n’est davantage et quand on sait qu’une partie très disputée dure parfois plus de 2 heures… Faites le compte, il vaut mieux qu’il économise ses gambettes. Quand on vous dit que la pétanque c’est un vrai sport ! Le pétanqueur a lui aussi ses crampes de fin de compétition, il n’y a pas que les footeux et les rugbymen !
Le JEU :
Donc, vous voilà avec vos boules à la main et on vient d’annoncer le tirage des rencontres. Après avoir serré la main de l’adversaire (ou pas si vous avez une vieille rancœur. Ça arrive hélas !…). Le premier qui dégaine « fait la pièce » afin de savoir qui choisira le terrain, ce qui est très important car on peut se sentir plus à l’aise sur un terrain lisse que sur des cailloux, sur terrain plat ou en pente et cela permet également de revenir sur le terrain où on a joué la partie précédente…. Lorsque vous rencontrez un « bon », il est toujours préférable de choisir un terrain aussi difficile que possible voire « injouable », ce n’est pas forcément très fair-play mais même pour un joueur chevronné il faut alors compter avec la chance !!!
En effet, on joue à la pétanque sur tous les terrains, certains (comme dans nos petits clubs) sont plus sélectifs. Par exemple l’adversaire peut vous emmener dans une allée, sur un terrain où il est impossible de faire rouler ou de tirer à la « rafle*** »
*** en tombant face à la boule à tirer mais quelques centimètres, voire plus d'un mètre devant, alors que le tireur "au fer" tombe directement sur la boule …
Par contre, dans les concours nationaux, les terrains (appelés cadres) sont le plus souvent tracés sur du stabilisé, ils sont délimités par des ficelles (4 m x 15 m avec possibilité de dérogation pour 3 m x 12 m) afin d’éviter l’anarchie et ainsi pouvoir recevoir davantage d’équipes. Le règlement veut alors qu’en bout de cadre il y ait une double ficelle, lorsque les boules dépassent entièrement la 2ème ficelle ou ligne de perte, elles sont mortes. Par contre, si elles sont renvoyées (sur une mauvaise chute ou plus souvent sur un tir) dans les cadres contigus, elles doivent alors être marquées car en cas de déplacement du cochonnet (jusqu’à 20 mètres par rapport au rond) elles pourraient « avoir le point ».
Ouf ! ce dernier point de règlement a changé, il est beaucoup plus simple, il n’y a plus qu’une seule ficelle tout le tour du cadre ; les deux bouts sont « morts » et un cadre de chaque côté est « bon » Si votre cadre est le dernier, vous avez trois côtés « morts » et le cadre attenant qui est bon ! Si c’est pas clair, demandez en commentaire, je vous ferai un dessin !!
Arrivés sur le terrain choisi (ou désigné par les organisateurs), un des joueurs de l’équipe qui a gagné la pièce trace un cercle (entre 35 et 50 cm de diamètre) et les deux pieds dans le rond, jette le bouchon « à sa distance »entre 6 et 10 mètres et….. la partie va pouvoir commencer ( je présume que vous connaissez les principes de base donc je ne vais pas les décrire) ….. et la première équipe qui arrive à 13 points a gagné !
Le règlement comporte de nombreux points et ce serait fastidieux et peu intéressant de tous les énumérer. Je suis néanmoins à la disposition de tous ceux qui voudraient une quelconque précision. Dans les concours organisés tous les week-ends au niveau des « districts » le règlement est souvent appliqué de façon très laxiste ce qui, à mon avis, est très négatif. Si l’on veut qu’un jour la pétanque puisse être inscrite aux Jeux Olympiques, il faudrait commencer par appliquer un peu plus de discipline. Mais ceci est une autre histoire que je ne vous raconterai pas !
La discipline existe cependant et l’arbitre est sur le terrain pour la faire respecter. Il est appelé pour éclaircir les litiges et pour mesurer les points. Si les joueurs n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la boule la plus près du bouchon ou qu’ils ne voient pas de différence à l’aide d’un simple mètre, c’est l’arbitre qui mesure à nouveau (avec une tirette ou un compas) et attribue le point ou le déclare nul, c’est alors au dernier qui a joué de rejouer. Il peut aussi sanctionner un joueur pour incorrection ou violence mais à notre niveau c’est exceptionnel.
Si vous vous décidez, vous pourrez choisir d’être licencié dans un club près de chez vous et si vous devenez un as, de grands clubs vous feront immanquablement des propositions et vous participerez à tous les nationaux, tous les championnats, et…. Là je ne sais plus trop car je me suis arrêtée au niveau des qualifications départementales pour les championnats, je n’ai jamais atteint le niveau supérieur, mais je ne désespère pas. D’autant plus que contrairement à beaucoup d’autres sports, la pétanque est une discipline où l’âge a une incidence moindre sur les performances.
Mais je ne vous ai pas expliqué un point essentiel : je suis brouillon…
Il y a le club de base, le club fait partie d’un district regroupant entre 9 et 48 clubs en Gironde où il y a 9 districts qui totalisent 180 clubs. Un comité départemental statue et fixe entre autres les dates des différentes compétitions.
Le nombre de clubs diminue énormément… pour illustrer mes propos, il suffit de comparer les chiffres ci-dessus, lesquels, je le rappelle, date de 2002 à aujourd’hui, en 2009 : il y a toujours 9 districts, le plus petit ne compte que 8 clubs et le plus important 44, et le nombre total de clubs en Gironde est passé de 180 à 158 !
Il serait temps que nos têtes pensantes essaient d’endiguer ce phénomène, mais là aussi c’est une autre histoire et je n’ai ni l’envie, ni les compétences nécessaires pour la raconter !
En début de saison (en février, la fin s’étalant selon l’importance des districts jusqu’au mois de Novembre) ont lieu dans chaque district des qualifications afin de sélectionner les meilleurs joueurs.
Le déroulement diffère légèrement d’un concours normal du fait que le tirage se fait en poules et qu’il y a plusieurs qualifiés.
Pour ceux qui n’ont aucune notion du sport en général et des « poules » en particulier, quelques explications s’imposent. Au départ, par tirage au sort, les participants sont divisés en poules de 4 (comme au foot ça, ça parlera à certains !). Les équipes s'opposent donc par deux, puis vainqueurs et vaincus se rencontrent entre eux. Celui qui perd les deux parties est éliminé, celui qui gagne les deux, sort de poule. Les deux qui n’ont gagné qu’une partie se rencontrent à nouveau, en barrage, pour savoir qui sera le second à sortir de poule. Ensuite, le concours continue en élimination directe et par tirages au sort successifs, selon le nombre généralement non limité d’inscrits, en 1/64èmes, 1/32èmes, etc… Si vous n’avez pas suivi, ce n’est pas grave, quand vous y participerez vous comprendrez aussitôt.
Arrive alors pour les qualifiés le second tour de qualification au niveau du Département et les meilleurs, dont le nombre est déterminé par le comité départemental, sont sélectionnés pour participer aux divers championnats au niveau régional puis national. Vous pouvez participer en triplette, doublette, tête à tête en catégorie seniors. Ensuite il y a des sélections propres aux juniors, cadets, minimes ainsi qu’aux féminines et vétérans sans oublier les doublettes mixtes.
En début de saison, le club auquel vous appartenez vous remet un calendrier de ces diverses rencontres, y figurent en premier lieu les concours des clubs du département répertoriés par district mais également les concours régionaux, quelques nationaux, les concours importants en vétéran, féminin et pour les jeunes. Ainsi vous avez souvent plusieurs possibilités pour une même date, selon votre humeur, votre forme ou vos moyens financiers (car le coût des déplacements est à prévoir dans le budget). Si vous avez envie de voir comment se déroule un National, il y en a certainement un qui va se dérouler prochainement dans votre région. Vous en trouverez à cette adresse la liste des concours nationaux, des trophées et même des internationaux : (ndlr 26/01/2020 ce lien est évidemment cassé... plus d'actualité !)
Le prix de revient est variable. Comme je viens de l’évoquer, vous pouvez participer aux concours de votre district, qui se déroulent au maximum à une trentaine de kilomètres de chez vous ou vous déplacer à l’autre bout de la France pour participer à un grand concours du type de la Marseillaise ou de Millau et bien d’autres. Dans ce cas, il faut ajouter aux frais habituels, l’hébergement et la restauration…
Lorsque vous vous inscrivez à un concours, le prix de l’engagement est environ de 4 à 5 euros par personne (prix fixé par les organisateurs mais plafonné par le comité selon l’importance du concours). Après la première partie, si vous avez gagné vous continuez à jouer dans le concours principal et ainsi de suite jusqu’à la finale ou à la défaite ; si vous avez perdu la première partie, vous ferez la partie suivante dans le deuxième concours suivant le même schéma ; et si vous avez perdu ces deux premières parties, soit vous rentrez chez vous, soit vous regardez jouer les autres, soit vous en voulez encore et vous avez la possibilité de repayer 1 ou 2 euros (par tête) et de vous inscrire à un troisième concours (complémentaire ou concours des ânes !) en élimination directe……
Maintenant, les qualités nécessaires pour devenir un bon bouliste : habileté (il ne faut pas se mettre les boules ni sur la tête, ni sur les pieds), précision (il ne faut pas avoir le bras qui tremble pour s’approcher le plus près possible du bouchon ou tirer la boule qui a le point), concentration (certains adversaires sont des pros de l’anti-jeu et adorent parler tout haut ou rire quand vous « armez » le bras), réflexion (tu tires ou tu pointes : cruel dilemme parfois !), endurance (une moyenne de 700 grammes par boule, 3 boules par mène, une quinzaine de mènes par partie, entre 6 et 8 parties pour les vainqueurs, soit environ 250 kilos de ferraille balancés dans l’après-midi ou la journée !) et aussi il faut bien l’avouer un peu de chance.
Voilà j’ai dû en oublier, mais c’est beaucoup plus simple sur le terrain… Ouf !!! Je dois reconnaître que ça n’est pas vraiment passionnant à lire et je remercie ceux qui sont arrivés là, mais vous pouvez essayer et vous verrez que là ça deviendra passionnant.
SPORT DE LOISIRS ou PÉTANQUE à la NÉNETTE
Cette dernière partie sera objectivement subjective car je suis une passionnée, je crois l’avoir déjà dit mais ne riez pas car nul n’est à l’abri de la contagion. En effet, sur les terrains, on ne connaît de la vie privée des joueurs que ce qu’ils veulent bien en dire. Par contre, ce que l’on peut constater c’est que toutes les générations sont représentées, les deux sexes (hélas beaucoup moins de femmes !) mais aussi toutes les classes sociales.
Mon mari, ma fille et moi-même, sommes membres d’un petit club de pétanque « la Boule d’Argent » et nous passons tous nos samedis, dimanches et jours fériés sur les terrains de boules de la région. Depuis deux ou trois ans, ma sœur et mon beau-frère se sont joints à nous. Depuis la rédaction de cet article en 2002, ma fille ne joue plus, mais ma sœur et mon beauf sont toujours nos partenaires de mon Kiki et de moi-même.
La plupart des concours se déroulent l’après-midi, mais on aime bien se mettre au vert avant. Donc, dès les premiers rayons de soleil en Mars, Avril on embarque vers 11 heures et nous voilà partis avec le pique-nique dans le coffre de la voiture. Avec quelque vingt ans de pratique, on est bien équipés (là je parle du pique-nique) : table et fauteuils pliants, glacières, thermo de café et évidemment l’apéritif à prendre avec les glaçons qui sont dans la….. glacière (bravo, vous suivez !), il y a même la menthe pour le Pastis. L’apéritif est toujours très raisonnable, habituellement un et jamais plus de deux. Ce qui compte, ce sont les « cahuètes » qui vont avec et les discussions du week-end : pas question de parler boulot ou ennuis quelconques, on ne parle que pétanque et sujets autant que possible amusants…
Les premières années, nous étions tous les trois, peu à peu nous avons fait des adeptes. Ma sœur et mon beauf (pas de remarque sur les beaufs, celui-là ne les mérite pas !) et leur petite famille se joignent systématiquement à nous, sans oublier le copain de ma fille, et il n’est pas rare de nous retrouver avec un ou deux couples d’amis. On a cependant réussi à garder quelques coins secrets dont le charme serait dénaturé par une trop grande affluence…. Mais plus beaucoup car on nous a repérés depuis le temps. Il faut dire qu’on ne s’installe jamais très loin du terrain, ainsi on peut rester plus longtemps à table et bien se préparer mentalement : pas de stress car le mental est très important à la pétanque !
La plupart des concours sont ouverts à tous les licenciés et à mon grand regret, dans notre district, les concours féminins sont rares (voire en cette année 2009 inexistants) ! Donc, étant précisé que la majorité sont en doublette, je fais équipe avec ma sœur et nous nous retrouvons confrontées aux hommes. Les équipes féminines ne sont pas nombreuses, il arrive même, que nous soyons la seule équipe exclusivement féminine. Certaines femmes préfèrent « se monter » en mixte, quand les hommes n’ont pas réussi à trouver un partenaire, ils condescendent à jouer avec une femme, les pauvres elles croient encore que les hommes nous sont supérieurs et qu’ainsi elles ont davantage de chances de gagner, surtout qu’en général ce ne sont pas les meilleurs qui restent !
Donc, en tant qu’équipe féminine, on se trouve face à des réactions diverses : ceux qui jouent comme d’habitude, car ils nous connaissent et savent qu’on tient aussi bien notre place que certains de ces Messieurs ; ceux qui, lorsqu’on les bat, prennent pour prétexte qu’ils n’aiment pas jouer contre des femmes (mêmes remarques lorsqu’ils sont battus par des jeunes), allez donc savoir pourquoi et enfin ceux qui, dès qu’ils sont menés au score, commencent à faire des allusions désagréables relatives à la cuisine, au ménage voire au lit (hé oui il y a des malotrus partout !). Vous voyez quand je vous disais que le mental est important, c’est là qu’il faut garder son calme et ignorer les quolibets ! Mais rassurez-vous cette espèce est tout de même en voix de disparition car avec notre bonne humeur, nos résultats très mitigés mais respectables malgré tout et surtout notre fair-play légendaires (notez aussi que la pétanque c’est un peu comme la pêche et la chasse, on est modestes et on n’exagère jamais !) la plupart du temps, on se retrouve à armes égales, enfin quasi… égales. Je vous donne mon secret : ma grande force, c‘est de n’avoir peur de personne et de rien et surtout ce dont j’ai le moins peur, c’est de perdre !
Le but est bien sûr de gagner un maximum de parties et même d’aller « jusqu’au bout ». Je reconnais qu’à part dans les concours féminins, ça n’a dû nous arriver qu’une ou deux fois. Déjà les ¼ de finale sont très appréciables et grosso-modo, sur l’année, avec les gains récoltés (car il y a quelques petits euros en jeu, ainsi que des coupes ou trophées) on réussit à récupérer la mise.
Sauf lorsque notre club reçoit, on rentre dès que l’on a été éliminés. Donc, lorsque c’est la « Boule d’Argent » qui organise le concours, il arrive que l’on soit volontaires pour tenir exceptionnellement la buvette lorsqu’il fait vraiment très chaud, (on préfère jouer !).
Là c’est un autre contexte, mais il faut bien voir toutes les facettes ! Dès 13 H 30, on se retrouve face à une cinquantaine de personnes assoiffées de café. Certains en consomment une quantité considérable. Je vous explique notre organisation : nous sommes quatre, une à la cuisson et confection des sandwichs [ventrèche, chipolatas ou rillettes], une à la préparation du café et des frites et deux au service. Au début, on regrette d’avoir renoncé à jouer car on se dit qu’exceptée la ruée du départ sur le café, deux personnes auraient pu assurer le service. Mais... rapidement, on change d’avis : les sandwichs, les frites et bien sûr une petite boisson pour « enfoncer » le tout, et pour finir l’apéritif de fin de concours, face à l’affluence, on n’a pas une minute pour s’ennuyer... jusqu’à 20 H 00.
Cela se termine par un repas, attablés devant un dîner frugal mais réconfortant entre bénévoles, chacun relatant les petites anecdotes de la journée.
Donc, vous l’aurez compris, il y a le côté sportif qui est important, car on donne le meilleur de soi pour obtenir le meilleur résultat possible et surtout il y a le côté convivial qui permet d’oublier les tracas du quotidien en se retrouvant entre amis.
Si je ne vous ai pas convaincus, c’est vraiment dommage ! Vous pouvez aussi commencer en tant que spectateur, par exemple !
C’est bien connu, quand on aime on ne compte pas. Je ne sais pas combien de mots comprend cet article !! Oups !! Rappelez-moi le nombre maximal de mots. Non !!! Je crois que j’ai un peu débordé. Je vais peut-être devoir scinder tout ça en 2 ou 3 parties. Non, ça passe !
En tous les cas merci de votre lecture et pour le prochain, je ferai plus court.
En relisant je me rends compte que je n’ai pas assez insisté sur la participation croissante de jeunes joueurs et je donne l’impression que la pétanque est un sport de vieux, j’en suis désolée ce n’est pas le cas...
Aussi ayant commencé cet article par un clin d’œil à nos anciens, je le terminerai avec les champions de demain. En effet, des écoles de pétanque ont ouvert leurs portes dans de nombreuses villes de France. En outre, parmi les disciplines sportives proposées aux élèves dans certains lycées pour les épreuves du Bac figure la pétanque. Sans oublier les clubs qui ont leurs propres éducateurs ès pétanque !
En conclusion, sport, loisir ou sport de loisir, je pense que chacun pratique selon son degré d’implication mais aussi selon son temps disponible et surtout selon ses propres capacités.
Pour moi, cela devrait se pratiquer comme un sport, en respectant le règlement, etc…
(ndlr 26/01/2020 : je n'ai pas tout relu et si par hasard vous le faites vous trouverez certainement ce qui vous apparaîtra comme des erreurs car il est évident que notamment le règlemnt a évolué, donc, vous pouvez le signaler en commentaire...)
S.V.P. NE PARTEZ PAS SANS LAISSER UN COMMENTAIRE ! MERCI !!! ...