Compléments alimentaires - Dispositif de vigilance - AFSSA
Dans notre société actuelle la vie est de plus en plus trépidante et le temps consacré aux repas a une fâcheuse tendance à rétrécir.
Il est également de notoriété publique que nous nous nourrissons de plus en plus mal.
Conscients de cette lacune, nous sommes tentés de prendre des compléments alimentaires afin de pallier les carences d’une alimentation trop souvent pauvre en fruits et légumes, en céréales et basée sur des produits dont les méthodes de conservation et de fabrication sont quelquefois contestables ! Par exemple, lors de la congélation les aliments perdent 20 % des vitamines C qu’ils contiennent !
Il semblerait logique, dès lors qu’une personne a une alimentation équilibrée et aucune carence médicalement constatée, que la prise desdits compléments soit superflue.
Cependant, il y a tout de même des personnes ayant un régime alimentaire convenable qui font appel à ces compléments pour stimuler leur énergie ou pour d’autres raisons listées ultérieurement.
Par contre, certaines personnes comme les enfants dont la croissance est parfois trop rapide ; les femmes enceintes affaiblies par leur état ; les personnes âgées qui ont souvent des carences alimentaires, sans oublier les malades qui ont besoin de récupérer des forces après certaines affections, ces personnes peuvent, sous contrôle médical, escompter un bénéfice certain de ces mêmes compléments alimentaires.
Sous la dénomination compléments alimentaires, on retrouve les vitamines (comprenant les caroténoïdes dont fait partie la Lutéine), les minéraux et certaines plantes.
Ils sont consommés sans aucune restriction et on en prend à tout va : pour être plus beau, en meilleure forme, mieux dormir, mieux digérer, mieux se concentrer, avoir des articulations moins douloureuses, une meilleure mémoire, une meilleure circulation sanguine ; être moins stressé, moins gros ; vieillir moins vite, etc…
On en trouve même des spécifiques pour dos fragile (ça je devrais y penser pour mon Kiki !), une belle peau, la circulation des mains et des pieds, la finesse des jambes et le plus beau pour la fin : la jeunesse des cellules ! Cette liste n’étant évidemment pas exhaustive, loin s’en faut !
Ils sont vendus sous forme de gélules, de comprimés, de pastilles, de pilules, tisanes ou autres ampoules donc de prise facile !
Le consommateur hésite d’autant moins qu’il est fortement sollicité par la publicité, qu’il s’agit d’un produit en vente libre et qu’il peut s’en procurer sans problème notamment en ligne sur Internet.
D’après les statistiques, le marché est en pleine expansion, environ 20% des adultes et 10% des enfants en consomment au moins une fois par an.
Dans un entretien accordé à Christian Delaye pour le Quotidien du Médecin le Professeur Marie Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), précise : "la consommation des compléments alimentaires augmente chaque année, alors que, d’une part, l’on manque d’études qui permettent de montrer leur innocuité lors d’une prise régulière et prolongée et que, d’autre part, sont rapportés des accidents aigus.".
Vous pourrez trouver l’intégralité de cet entretien sur le site du Quotidien du Médecin en date du 29/10/2009, après vous être inscrit(e) à l’adresse suivante : ICI se trouvait un lien que j'ai supprimé car il conduit sur une page mentionnant : "ce site est inaccessible". J’ai néanmoins laissé les explications qui s’y reportaient. (ndlr… 04/2017)
Voici quelques phrases clés prononcées par le Professeur Favrot au cours de cet entretien :
"... Nous encourageons les consommateurs à se comporter de manière raisonnable. Ce message est d’autant plus nécessaire que, en cas de prise au long cours, nous ne pouvons exclure les effets secondaires".
Elle met, notamment, les grands fumeurs en garde contre les effets néfastes du bêta-carotène qui contrairement à l’effet préconisé augmente les risques de cancer ! D’où l’intérêt, comme toutes bonnes choses de… ne pas en abuser !
On peut aussi citer l’extrait de thé vert qui conduirait à de sérieux dysfonctionnements du foie ainsi que de possibles interactions médicamenteuses dont l’usager est rarement averti !
En ce qui concerne les compléments contenant des vitamines et des minéraux, il y a des précautions à prendre, ils doivent être consommés en stricte conformité avec les quantités conseillées. Mais cela ne suffit pas car si vous avez une alimentation riche en vitamines et minéraux et si en même temps vous prenez un complément alimentaire contenant ces mêmes minéraux, vous multipliez le dosage et risquez ainsi de dépasser la posologie maximale préconisée.
Puis, le Professeur Favrot répertorie les raisons pour lesquelles ces compléments alimentaires peuvent s’avérer dangereux.
Il y a trois causes principales : le "mésusage" dû à des erreurs de lecture d’étiquette car les noms ressemblent à des noms de médicaments et sont alors pris à des doses trop élevées ; les fraudes, qu’il s’agisse de produits médicamenteux ajoutés aux compléments alimentaires pour en augmenter les effets désirés ou qu’il s’agisse de publicité mensongère ; la toxicité des produits actifs principalement pour les plantes lesquelles sous un même vocable recouvrent des produits différents selon la provenance de la plante ou la façon dont elle est conditionnée.
Sur le blog Stop Santé dédié comme son nom l’indique à la santé, à l’adresse suivante : ICI aussi il y avait un lien conduisant maintenant sur l’actualité du jour du même site mais rien à voir avec le sujet de cet article ! (ndlr... 04/2017 !), il est rapporté qu’une étude de la Direction Régionale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) menée auprès de 500 entreprises spécialisées avait révélé 12,5 % d’anomalies sur les produits inspectés….
Pour ces différentes raisons, le 29 Octobre 2009, l’AFSSA émettait un communiqué de presse annonçant le lancement d'un dispositif national de vigilance sur les compléments alimentaires dont vous trouverez le texte intégral à cette adresse : ICI aussi il y avait un lien vers une page mentionnant : "page non trouvée" et conduisant maintenant sur le site de l'ANSES -Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail- ! (ndlr... 04/2017 !)
Cette tâche avait été confiée à l'AFSSA par la Loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires de Juillet 2009.
Etaient concernés selon les propres termes de cette loi : "les nouveaux aliments, les compléments alimentaires, les aliments qui font l'objet d'adjonction de substances à but nutritionnel ou physiologique ainsi que les produits destinés à une alimentation particulière."
Il s'agissait pour l’AFSSA dans un premier temps, comme vous l’avez deviné, de déterminer les éventuels effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires.
L'Agence devait recenser lesdits effets indésirables et pour ce faire, les médecins généralistes devaient être sollicités ainsi que les diététiciens, les nutritionnistes et les pharmaciens.
Ils devaient interroger les patients qui présenteraient des symptômes « inattendus et inexpliqués » tels que « troubles digestifs, hépatiques, cardiaques (tachycardie), anomalies d’hypotension ou d’insuffisances rénales cliniques ou biologiques » afin de déterminer si ces patients consommaient des compléments alimentaires et si leur symptomatologie était consécutive à cette consommation.
Puis ils devaient communiquer leurs constatations, sans divulguer l’identité des patients concernés, par l’intermédiaire d’un formulaire à remplir en ligne sur le site de l’AFSSA ou à expédier par courrier.
Une fois ces données transmises, elles seraient analysées par des représentants de la Direction Générale de la Santé, de la DGCCRF, de l’Institut national de Veille sanitaire, des centres de toxicovigilance, de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), ainsi que l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) qui apporteraient alors leurs conclusions quant à l’éventuelle dangerosité des compléments incriminés.
Puis évidemment, des mises en garde ou autres suppressions du marché pourraient être décidées….
Si vous-même consommiez des compléments alimentaires et que vous observiez des effets secondaires vous pouviez prendre l’initiative d’en informer votre médecin ou votre pharmacien qui en ferait la déclaration auprès de l’AFSSA .
Ce dispositif de vigilance qui devait être mis en place au cours du premier semestre 2010, peut sembler à certains superflu voire abusif mais il ne faut pas oublier, bien que ces substances soient présentées comme des compléments de l’alimentation qu’elles contiennent des produits qui peuvent les assimiler à des médicaments.
Il ne faut pas non plus se baser sur le fait que le sujet est peu traité. En effet, le milieu médical, mis à part les études de marché qui font état de l’augmentation importante du taux de consommation de ces compléments alimentaires, a peu de données chiffrées à sa disposition.
Ces produits étant en vente libre, les patients n’en réfèrent pas à leur médecin même si certains (d’ailleurs peu nombreux) sont conscients de l’impact réel qu’ils peuvent avoir sur leur santé, s’agissant d’automédication, ils évitent le sujet.
De plus, la mise sur le marché de 80 % de ces produits est cautionnée par l’adhésion au Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires, ce qui peut être considéré comme une preuve de fiabilité par beaucoup.
Mais on peut aussi avoir la position opposée lorsque l’on imagine l’enjeu économique que représentent ces compléments alimentaires….
Ce Syndicat a publié une plaquette d’informations très complète intitulée « compléments alimentaires en toute transparence » laquelle de plus, vous permettra de vous forger une opinion personnelle.
En introduction la qualité et la sécurité des compléments mis sur le marché par les fabricants adhérents du syndicat sont garanties… vous avez évidemment une liste de ces adhérents.
Voici l’adresse à laquelle vous trouverez ce document : ICI aussi il y avait un lien conduisant maintenant sur l’actualité du jour du même site mai rien à voir avec le sujet de cet article ! (ndlr... 04/2017 !)
Pour ma part, je pense qu’il est indispensable et rassurant pour le consommateur étant donné l’impact et l’intérêt de ces compléments qu’ils soient soumis à un système de vigilance comparable à celui auquel sont soumis les médicaments.
Quelle que soit votre opinion, il faut retenir, si vous y êtes favorables et surtout si vous êtes consommateurs que ces compléments alimentaires ne doivent en aucun cas être consommés de façon continue du moins tant que leur innocuité n’aura pas été prouvée !
Dans l’interview précitée, le Professeur Favrot expliquait que le but de l’AFSSA est de "… mettre en évidence des accidents aigus ou subchroniques qui se développent après deux ou trois semaines de prises de produits…".
Et la conclusion des conclusions : rien ne remplace une alimentation saine et équilibrée !
Dans un prochain article, je ciblerai les compléments alimentaires relatifs aux maladies des yeux et plus précisément à la DMLA.
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